Qui dois-je être dans la relation ?

En train d’écrire l’un des chapitres de la formation en ligne sur la communication, je suis à nouveau amenée à m’interroger sur les notions de leader / suiveur / dominant et compagnie. Il y a encore quelque chose qui me chafouine dans tous ces termes et le sens qu’on leur donne. On utilise encore trop souvent les termes de dominant / dominé chez le cheval. D’un côté je comprend pourquoi dans la mesure où on part du principe que l’on observe nos chevaux sur une très courte durée dans leur journée, mais dans la réalité, ces termes n’ont réellement aucun sens.

photo par Clémentine Le Gall

Ma réflexion est nourrie par un article de alter-equus, article basé sur des résultats scientifiques, ce qui n’est pas du tout le cas du mien, soyons d’accord. Une étude sur deux hordes de chevaux met en lumière que le leadership n’est pas détenu par un individu. Ok, cool, ça correspond à ce que j’observe dans mon troupeau.

J’ai eu une discussion il y a peu de temps avec une enseignante équestre très expérimentée et très fine à qui je partageai mes questionnements, surtout concernant Arriado. J’ai longtemps considéré qu’il était un suiveur. Cheval très passif, peu enclin au mouvement dans son quotidien comme dans le travail, souvent chassé par ses congénères, mais pas tous, et à la fois très très indépendant, pas du tout grégaire.

Cette enseignante me partageait l’idée que le leader est celui qui obtient des « oui ». Mmmmh … C’est à nouveau une réponse qui ne trouve pas sens dans mon quotidien.

Alors, j’écris mon fameux chapitre où je parle du leader / l’assertif, du directif ( pas le dominant mais celui qui a un impact sur les autres par le renforcement négatif ) et le suiveur. Quelque part, si j’observe bien Arriado, oui, il est parfois suiveur, mais rarement en réalité. Il me fait plutôt penser à  » il est son propre leader », en fait ! Bizarre dit comme ça, mais il va à son rythme, il n’attend pas les autres pour assouvir ses besoins, s’il est occupé à une activité, il ne va pas forcément l’interrompre si les autres s’éloignent ou en changent et parfois, il lui arrive de menacer Kioui ou Bellicina pour aller au foin. Bon, alors, Arriado qui es-tu ?

Et si, je dis bien et si, chaque individu était les 3 ?

Et si, au cours d’une même journée, un même cheval pouvait être directif, leader ( ou auto-leader ) et suiveur ? Et si ça changeait toute la donne dans le travail ? Dans la relation homme cheval ? Dans notre positionnement ? Et si on décidait que nous aussi, dans la relation avec le cheval, on était, selon l’instant, l’un ou l’autre ? Et si on continuait de faire voler ce concept de dominant avec le cheval ?

Ce questionnement est corrélé à la relation que j’ai depuis quelques semaines avec Arriado. Je travaille mes chevaux beaucoup en renforcement négatif et pas mal en renforcement positif. Mais Arriado s’est mis à ne plus vouloir entendre parler du renforcement négatif, du directif. Au point qu’en lui mettant le licol, il ne voulait plus avancer, il s’inhibait, se figeait : « NON ». Non, je ne te suivrais pas, non je ne céderai pas à la pression. Alors biensûr, si j’insistais ou que j’attendais, il venait, mais une fois, deux fois, à chaque fois !!! J’ai fait le choix de remettre tout en question du coup. Il ne s’était pourtant rien passé de particulier, mis à part qu’au fil de ces derniers mois, je le travaillais beaucoup dans le mouvement en avant et la gymnastique ( car il en avait besoin ) et que de séance en séance, je ne voyais pas son corps ou sa motivation s’améliorer plus que ça. Et si il avait décidé de ne plus suivre ? De ne plus céder au directif ? J’ai pris ça comme un rejet du renforcement négatif et j’ai lancé un grand reset de notre communication via le renforcement positif. Et là, petit cheval transformé. Il a le choix, il cherche, il propose, il s’arrête aussi parfois pour faire sa pub … etc …

Alors tout ça combiné, ne serait-il pas venu le temps où le directif laisse la place à l’assertif, où l’humain devient tantôt suiveur des propositions, des rythmes de son cheval, tantôt directif quand la situation le nécessite, et tantôt leader, laissant un espace de choix à chacun ?

Et si chaque cheval n’avait pas besoin des mêmes « ratio » leader / directif / suiveur ?

Par exemple, Sca, si je lui propose du renforcement positif, il s’en va si il doit chercher une autre réponse que celles qu’il connaît déjà ! Le vent que je me suis pris quand je l’ai  » chargé » et que, passé les jambettes, il fallait enrichir les comportements ! ok on repassera. Mais j’ai d’autres moyens, grâce à Claire 😉 , de ne pas être que dans le directif ( et ça change la vie ! ) et ceux là, il les valide.

Bref, encore une bonne raison de laisser tomber les étiquettes, les cases, car y’a pas moyen, personnes ne rentrent dedans en réalité …

Si vous souhaitez enrichir ma réflexion avec vos propres observations, scientifiques ou empiriques, je suis preneuse.

L’impact de l’équitation sur mon chemin de vie

Ou plutôt : l’impact de mes chevaux et de mon équitation sur ma vie.

L’heure semble être au bilan. Dans la recherche équestre qui m’anime, les questionnements sont récurrents, la discipline invite à la remise en question, pour certains. Mais aujourd’hui, j’ai besoin de m’arrêter un court instant pour faire le bilan de ces 11 dernières années, 11 années où 5 équidés sont entrés dans ma vie privée, 5 individus uniques et spéciaux qui m’ont apportée leurs lots d’expériences, de rencontres, de questions et de changements.

Arriado, à la découverte de l’autonomie.

Arriado, en 11 ans, m’a apporté de très nombreuses leçons, mais la plus marquante à ce jour pour moi, fut celle de la reprise de pouvoir personnel. J’entends pas là que l’autorité de quelqu’un, sur certains sujets, avaient un fort impact sur moi. Si quelqu’un m’inspirait confiance dans un domaine et qu’il dégageait charisme et conviction pour ce qu’il faisait, « j’obéissais » assez aveuglément, avouons-le. Jusqu’au jour où son intégrité physique a été durablement et violemment impactée. 18 mois de calvaire suivi de 3 ans de rééducation jusqu’à la ré-information cellulaire tant son corps avait imprimé la douleur. C’est ce qu’il m’aura fallu pour me décider à me faire mon propre avis sur un sujet, une pratique, une « méthode » ( bon, le rejet de toute méthode découle aussi de là ! ). A partir de là, découvrant le monde riche des innovations équines et de la remise en question totale de la gestion traditionnelle des chevaux et de leur travail, je suis devenue un puit sans fond de questions.

Dans le travail, Arriado m’a appris à chercher. Ses difficultés locomotrices combinées à notre forte relation m’ont permis d’expérimenter, de me tromper, de chercher, de tatoner, presque trop. Il était partant pour toutes les expériences. Aujourd’hui, il me montre qu’il est temps de moins faire et de plus  » être ». Et c’est encore un tout autre monde.

Son surpoids, chaque été, m’a amené à me pencher sur les équi-pistes, passionnant sujet, qui m’ont amené à la permaculture, LA philosophie qui a tout compris, puis la CNV de Marshall Rosenberg pour en arriver à enseigner différemment et semer l’idée en moi de créer un lieu de vie pour les chevaux où leur liberté de choix se combine à la satisfaction pleine et entière de leurs besoins de chevaux, ce qui m’a amené tout naturellement à me pencher sur mes propres besoins.

Les valeurs se dessinent, une éthique m’anime et l’excellence à laquelle j’aspire pour eux se voit, petit à petit, déteindre sur moi. L’incohérence de leur donner tout, de leur donner le meilleur ( à mes yeux ) dans les conditions de vie, les conditions de soin, les conditions de travail, le matériel etc … devenait trop énorme pour que je ne finisse pas par, enfin, m’octroyer de la qualité, de la beauté dans mon quotidien. Ils ont changé ma vie.

Scarento, résilience et collaboration.

Sca fait partie de ces chevaux cassés par leurs premières années de vie. Abîmés physiquement, émotionnellement, relationnellement, il aura fallu pas moins de 3 ans pour qu’il demande son premier gratte gratte sur le front ( je m’en souviens comme si c’était hier tellement c’était exceptionnel), et environ 8 ans pour qu’il accueille la présence de l’humain dans son espace comme une info positive et confortable. Scarento, c’est 7 ans de décompensations, 7 ans à osciller entre travail et arrêt, pour qu’une colique grave déclenche en moi la nécessité de demander de l’aide, d’en recevoir et que mes croyances que tout est juste me fasse percevoir le cadeau qui accompagne un tel drame.

Depuis cet évènement, Sca me dévoile une personnalité qui était bien cachée. Joueur, tendre, guide, danseur, il ne se refuse plus rien et m’offre le spectacle de sa renaissance chaque jour un peu plus. Tel un Phoenix, il s’est relevé plus vivant que jamais, et à 16 ans, je ne m’attendais pas à ça. Toute la beauté et la puissance du Pur Sang Anglais se dévoile enfin, ajoutées à son élégance, sa réactivité et sa légèreté.

D’un cheval Métal, froid, distant, renfermé, obéissant, je l’ai observé devenir leader de ses congénères, espiègle et grand, tant dans sa posture intérieure que sa posture physique.

Equestrement parlant, il m’apporte la rigueur de la gestion de l’énergie et de la posture car, tel un courant d’air, il peut s’échapper, se délayer dans le mouvement comme faire preuve d’une tenue et d’une solidité fragile mais puissante. Les micro mouvements articulaires de son cavalier ne lui échappe pas, un instant d’inattention, et l’énergie fuit. Il ne s’en offusquera pas, mais il ne me sauvera pas. Il incarne le délicat mariage des émotions et des postures, du rassembler émotionnel, mental et physique. C’est encore fugace, mais à son contact, je dois oublier la rigidité tout en étant rigoureuse sur la qualité de mes gestes, de mes postures et de mes pensées. Adapter nos postures pour le respect de notre intégrité physique, porter les émotions au service de la posture, et placer la relation au coeur du dépassement de soi, physiquement, émotionnellement, mutuellement. Ecoute, collaboration, justesse et reconnaissance.

Bellicina, la fragilité derrière la force.

Bellicina, tout juste débourrée, ne peut pas être montée. Ses tensions physiques et émotionnelles rendent encore son corps trop douloureux. Mais avant cela, elle a été mon maître en travail à pied. Tout feu tout flamme, elle avait besoin d’un humain solide et clair, et, à la fois fin et délicat, elle est un génie de la danse équine. Aucun mouvement ne lui est impossible, elle explore les 3 dimensions avec une puissance et une réactivité folle ( c’est d’ailleurs pour cela qu’on a fait appel à moi, car combiné à la colère, cela devenait dangereux ). Elle m’a montré l’impact puissant de ma posture intérieure et corporelle dans le travail en liberté. Ecorchée, abandonnée, incomprise, elle a développé un puissant bouclier qui a fini par l’enfermer dans un corps douloureux. Et on s’est trouvée. Une finesse abrupte, une intransigeance non dissimulée, mais un abandon total à l’humain qui l’entend, qui respecte son besoin de profondeur et de liberté. Un diamant brute qui bouscule nos résistances et met le doigt là où ça fait mal. Elle m’a ouvert les portes de la pleine confiance, de l’authenticité comme des blessures émotionnelles ancrées. Elle me montre que c’est dans la relation que tout se joue, que la liberté de chacune peut se rencontrer, que la confiance qu’elle m’a donné n’a pas de limite et qu’on est pas obligé de crier ou de somatiser pour se faire entendre.

Kioui, à la découverte du lien.

Il nous a rejoint depuis seulement 3 mois et déjà il se fait entendre. Kioui, du haut de ses 15 mois, exprime clairement que toutes les stratégies sont à essayer pour assouvir un besoin, quoi qu’en disent les autres. Violemment rejeté par le troupeau les 15 premiers jours de son arrivée, cela ne l’atteignait pas, il trouvait toujours un moyen pour se trouver avec le troupeau, ne leur en déplaise. Tisseur de lien, il déambulait au milieu du troupeau, tissant des liens invisibles entre chacun d’eux, entre lui et eux. Le lien, c’est la vie. Cela paraît anodin, normal pour un jeune poulain tout juste sevré, oui, le lien social est relié directement à la survie du poulain, mais pas que.

Chaque fois qu’un nouveau cheval intègre la pâture voisine, il l’accueille, le rencontre et l’appelle. Mais pourquoi ces clôtures ? Pourquoi ces séparations ? Pourquoi ne pas être tout ensemble ? C’est encore une information qui lui échappe, et à juste titre, de son point de vue. Alors, malgré son grand respect des limites, il va trouver LA faille qui lui permettra d’assouvir son besoin. Et comment lui en vouloir. L’amour inconditionnel incarné : « je vois un congénère, je ne peux que m’y attaché « , même si ils sont loin de tous l’accueillir les bras ouverts avouons-le. Il détonne avec le reste du troupeau, trop attaché à ses habitudes, ses privilèges, ses ressources. Non, Kioui part du principe qu’il ne peut qu’être gagnant à aller vers les autres. Pas d’autres enjeux que celui d’être en lien. Et finalement, y a-t-il quelque chose d’autre de plus nécessaire ?

Umbrio, l’introverti.

Le mystérieux, le discret, presque le sacrifié. Umbrio se dévoile peu, il accepte peu de recevoir et semble ok pour tout mais serein dans rien. Dévoué à sa précédente gardienne, il se fait petit mais aussi figé. Il n’a pas encore osé se montrer, s’exprimer, mais le temps viendra.

Il m’apprend l’inconfort relationnel de la discrétion, de prendre sur soi et d’attendre. Il m’apprend le danger de ne faire que donner. Les personnes qui le croisent perçoivent sa grandeur, mais il ne semble pas disposé à l’exprimer et l’expanser. Peut-être que cela n’arrivera jamais. C’est ok. Mais cette lumière qui émane de lui ne demande qu’à briller. Alors, j’apprendrai à l’accompagner.

Chacun me guide vers la subtilité.

Leur impact le plus important sur moi fut la découverte d’un monde invisible, un monde subtil mêlant les émotions, les pensées, l’énergie à la matière.

Leur santé comme leur locomotion m’ont emmenée vers la Médecine Traditionnelle Chinoise, le chamanisme, le magnétisme, la communication animale …etc .

Grâce à des rencontres humaines exceptionnelles, nous avons été accompagné par des fées toutes plus magiques et ancrées les unes que les autres. J’en suis même arrivée à passer le pas de me former à cette discipline qu’est la MTC car elle replace l’individu dans le Tout, le Tout extérieur mais aussi celui de l’intérieur, ne séparant plus le corps, des émotions, ni des saisons, ou encore de la Nature.

Un retour à l’essentiel qui ne fait que commencer.

Ils me laissent croire qu’ils me suivent, mais en réalité, ils guident chacun de mes pas. Chacun un petit bout de moi, chacun, un être exceptionnel à part entière, je ne suis plus la même depuis qu’ils sont entré dans ma vie.

Sous le prétexte d’avancer vers mes rêves, ils font que je transforme ma réalité pour la vivre comme un rêve.

Ils font de mes actes, de mes pensées, de mes rencontres, des expériences conscientes, enrichissantes et salvatrices.

Ils rendent le chemin encore plus beau, sublimé par leur sagesse.

Je me vois plus, à leur contact, je m’aime plus, je me rencontre plus. Et qu’est ce que j’aime ce chemin, grâce à eux.

Merci mes amis.

Photos by Valérie Guévart.

L’équitation, un soin ?

L’équitation peut -elle être considérée comme une technique de soin à proprement parlé ?

Pour certains, cela va sans dire, entre le maître Oliveira qui parle de l’épaule en dedans comme l’aspirine de l’équitation, quand je vois également Emilie Haillot qui a transformé physiquement et émotionnellement Kelso au travers leur relation et son travail gymnastique et bien d’autres.

Mais, l’équitation est un soin pour qui ? A l’esprit, ce qui me vient, c’est que c’est l’un des soins qui impacte autant le soignant que le soigné. Mais qui est le soignant et qui est le soigné ? Je crois, de mon point de vue, que les deux protagonistes peuvent se définir soignant et soigné. Pour toi qui me lit, c’est peut-être une évidence, ou bien une hérésie.

Je ne fais qu’observer l’impact que l’équitation a sur moi, l’impact que l’équitation que je propose à sur les cavaliers et sur les chevaux. Partie de ce postulat, j’ai envie de te partager ce qui me fait dire ça.

Mes chevaux ont eu l’affront de m’amener sur un chemin plus que parallèle, celui qui amène le cavalier à se poser des questions, à se former grâce aux multiples pro qui ont entrepris de former et informer chaque propriétaire pour les responsabiliser encore plus face à notre impact sur les chevaux, celui qui amène à tester des techniques plus que subtiles … Tout le long de ce processus où ma recherche active était celle de la santé de mes chevaux tout en marchant sur le chemin de mes objectifs, je n’ai pas vu tout de suite à quel point cela m’avait transformée. Sous couvert de leur bien-être et de respecter les valeurs qu’ils ont élevé en moi, sous couvert d’avoir bonne conscience et poursuivie aussi par cette soif inextinguible de comprendre, j’ai gagné en connaissance de moi-même, en finesse dans mes perceptions et dans ce que j’émets, en conscience dans les actes et les choix que je pose, en dépassement de moi aussi faut bien le dire ! Mais comment en suis-je arrivée là ?

Parce que l’équitation, les rêves qu’elle éveille en moi, l’amour que les chevaux font émerger de moi envers eux fait que tous les sacrifices deviennent possibles, surmontables du moment qu’ils vont dans la direction du mieux être pour ces animaux dont je me sens responsable. Et faisant partie de leur environnement, il est venu un temps où j’ai du appliquer mes croyances, et prendre aussi soin de moi car nous impactons fortement leur qualité de vie, au -delà des choix de vie que nous leur proposons, par notre simple présence, par ce que l’on dégage, ils ont un impact sur nous comme nous sur eux.

Animée, toujours aujourd’hui, par le besoin de révéler toute la beauté de mes chevaux, qui passe pour moi par le dressage, ou plutôt par la danse en 3 dimensions qui amène à l’élévation optimale de l’être, je suis convaincue plus que jamais que cela ne passe pas par la technique pure, ça ne passe pas plus par le formatage scrupuleux du duo. Ca passe par ce que j’assimile à une danse de salon maîtrisée, en couple, où les mouvements expriment et génèrent des émotions, les mouvements élèvent les perceptions et les pensées, où la relation sublime l’autre. Une jolie réplique de film m’a interpelée la semaine dernière : la prof de danse dit à l’homme du duo,  » Tu es le cadre, et je suis la peinture. Le cadre est là pour mettre en valeur la peinture ». Cela m’a fait écho à un échange avec un écuyer il y a quelques années. Il me demande si, sur ce petit lusitanien il ne semble pas trop grand, en terme de gabarit. Je lui réponds :  » non, on ne voit que lui ( le cheval) ». Et il me répond :  » c’est le plus beau compliment que l’on puisse me faire ».

L’équitation, quelle que soit celle que l’on pratique, à mon sens, est, comme la danse, une discipline de corps, d’esprit, d’émotions, d’énergie et de relation. J’observe qu’en balayant l’une de ces dimensions ( indubitablement reliées en continu entre elles à tout instant pourtant ), on se coupe de la thérapie la plus nourrissante qui soit ( pour qui est passionné par les chevaux j’entends ). Beaucoup le clame haut et fort, pour être connecté au cheval, il semble essentiel de se connecter à soi, sur toutes les dimensions. Monter à cheval seulement avec sa tête, ou seulement avec son corps, faire fi de la qualité de la relation, ou de nos émotions, comme de celle du cheval ne fait que ralentir le processus, ralentir le chemin vers nos objectifs. Il va de soit que cela dépend un peu de nos objectifs. Si mon objectif est de vivre avec mes chevaux sans travailler avec eux ( bien qu’il soit loin de ne rien se passer là aussi ), il ne sera pas autant nécessaire d’investir chaque dimension. Mais que l’on aspire à développer la locomotion de son cheval, que l’on souhaite randonner librement avec son cheval ou que l’on aspire à avoir une relation harmonieuse et complice, pour moi, cela passera par l’exploration de chacune de ces dimensions pour la simple et bonne raison qu’elles sont étroitement imbriquées les unes avec les autres. Je ne vous apprend rien, les émotions impactent votre corps, nos relations avec l’extérieur impactent nos pensées, nos émotions, nos comportements, on n’apprend jamais mieux qu’avec un enseignant bienveillant et pédagogue …

Et c’est là que je pense que le soin a toute sa part dans l’équitation. En apprenant à être le meilleur humain possible pour nos chevaux, on fait bouger leurs lignes, autant qu’ils font bouger les nôtres.

L’équitation peut devenir, si nous le choisissons, une source de décontraction, de libération, d’équilibre, d’épanouissement, de dépassement, pour nous, comme pour le cheval. Je prends chaque jour un peu plus conscience à quelle point la vie peut avoir un impact délétère entre les multiples pollutions extérieures, entre les dysfonctionnements internes, le  » terrain » métabolique et/ou émotionnel, les traumatismes passés ( qui laissent parfois longtemps après leurs traces ), et je crois profondément que l’équitation, au même titre que l’ostéopathie, l ‘acupuncture et le shiatsu, le magnétisme, la naturopathie …etc a son rôle à jouer dans notre santé et celle de nos chevaux, et pas seulement par le seul fait de mettre en mouvement. Le travail sur la respiration, la posture, le langage corporel, le timing, la légèreté, les mouvements quasiment inspirés du yoga, … ne sont en réalité que des outils de rééquilibrage, de relaxation et de bien-être.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

« Je n’y arriverai jamais… »

 » … malgré tous mes efforts ».

« … malgré tout le temps et l’énergie que j’investis. « 

« …je ne suis pas à la hauteur. »

« … il est trop compliqué.  »

« … je ne le comprendrai jamais.  »

La liste est longue de croyances qui découlent d’une situation équestre qui semble ne pas trouver son happy end.

Cette phrase est sortie hier en séance avec S. et B. Et je la connais aussi personnellement. Comme lorsqu’un cheval se trouve face à un stress, le cavalier qui se retrouve dans la situation de découragement, d’impuissance ou de dévalorisation a plusieurs réponses possibles : la fuite, l’affrontement ou l’inhibition. J’ai plus souvent observé des réponses de fuite ou d’affrontement que d’inhibition.

La fuite peut s’exprimer en fuyant les situations compliqués ( exemple : mon cheval a peur dehors, je ne vais plus en extérieur, ou, mon cheval a des comportements gênants voire dangereux, je vais le vendre … ). Il y a également l’affrontement qui peut s’exprimer par une forme de colère, de révolte ou de détermination après le découragement et qui va consister à déployer encore une autre énergie, dans d’autres directions pour aller au coeur du problème, tout en écoutant les limites exprimées par soi mais aussi par le cheval ( exemple : mon cheval est agité quand il s’éloigne de ses congénères, je vais renforcer notre relation pour, pas à pas, le sortir de sa zone de confort d’une manière à ce que cela reste gérable pour lui, ou, mon cheval a peur d’aller dehors, je vais développer la confiance en lui et en moi au travers multiples situations qui lui permettront de trouver des repères sécurisants face à ce qui l’effraie. )

Ce qui m’a sauté aux yeux pendant que S. me partageait son ressenti, son découragement, c’est ce que je souhaitais vous partager : en tant que cavalier, on oublie parfois que l’on forme une équipe avec le cheval. Une croyance insidieuse nous fait croire qu’en étant le moteur de la relation ( le cheval n’enfile pas son licol ou son filet tout seul pour aller en extérieur ou en carrière, enfin, c’est sans compter sur Bellina, mais là n’est pas le sujet ! ), cette relation doit aller à notre rythme ( même si notre rythme inclut la plupart du temps celui du cheval, a priori).

Pendant des mois, des années, certains de nos chevaux vont nous donner l’illusion que quoi qu’on leur propose, c’est ok, que les objectifs que nous nous étions fixés en les adoptant étaient à porter de main dans un temps plus ou moins long, que nos seules limites seraient les nôtres en quelques sortes, que la progression est palpable. On s’accorde tous, plus ou moins, à envisager de s’adapter à notre cheval, chacun à notre manière, mais, lorsque tout ne se déroule pas comme « prévu », quand le résultat n’est pas en adéquation avec le  » travail » fourni en amont, nous déchantons.

Il est humain et même nécessaire à mon sens d’avoir des envies, des attentes, des objectifs, mais si ils sont trop figés, trop peu souples, la déception peut être au rendez-vous.

Cela m’a donné le besoin de me rappeler que  » seul on va plus vite, mais à plusieurs on va plus loin ». Et sans nul doute, je pense que c’est là que nos chevaux nous emmènent, plus loin.

Les cavaliers avec qui je travaille sont partisans de la lenteur, de la pérennité, du respect de leur cheval, de la progression raisonnée, mais, comme moi, ils ont tous un seuil où on se retrouve parfois face à un mur. Ce que l’on ignore, c’est que le mur fait partie de la progression !

Je suis bien placée pour en parler car j’ai un objectif très clair qui va à B, mais mes chevaux m’ont jusqu’ici plutôt emmenés vers toutes les lettres de l’alphabet sauf B ! Et ça fait des années que ça dure lol. Je pourrais changer mon objectif de vue, l’adapter, et c’est une réponse possible. Je fais le choix pour l’instant de garder B comme objectif, en ayant pleinement admis que pour arriver à B, je dois passer par C, D, F, R et cie.

Personnellement comme professionnellement, c’est ce qui m’a amenée à vivre des rencontres et des expériences incroyables.

Ce que je veux dire par tout cela, c’est que quelque soit le mur qui se dresse devant nous, je suis persuadée d’une chose, on est à la hauteur pour le franchir, seulement, comme on avait pas imaginé d’autres chemins pour atteindre notre objectif, ce mur est là pour nous faire prendre une autre direction, non pas nous éloignant de notre objectif, mais nous en rapprochant d’une manière qu’on avait pas envisagé auparavant.

Et formant un couple, un duo avec le cheval, nous devons garder à l’esprit que notre rythme n’est pas le leur, que leurs difficultés, leurs stratégies comportementales comme physiques, parfois énigmatiques, font partie intégrante de l’entité que nous formons avec eux, que tout n’est pas sous notre contrôle.

C’est face à un mur que l’on peut changer de perspective, de point de vue, de stratégies. Comme le cheval dans la difficulté qu’il nous fait vivre, lui et nous devons enrichir notre stratégie, la compléter, la transformer pour voir de nouvelles portes s’ouvrir, continuer à avancer, s’enrichir de ce qu’il nous propose d’explorer.

Je suis persuadée qu’on ne rencontre que des défis que nous sommes capables d’affronter, de dépasser.

Et vous, quels défis, quel mur s’est érigé devant vous ? Vos objectifs s’en sont-ils trouvés modifiés ?

Avoir un objectif, mais sans poser d’attentes.

Mmmmh, est-ce compatible ?

Parmi les cavaliers que j’accompagne, il y a deux catégories, ceux qui ont un objectif précis ( débourrer son cheval, régler un problème relationnel, développer harmonieusement le couple qu’il forme avec leur cheval … ) et il y a les cavaliers en recherche d’échanges bienveillants, généralement ce sont les non propriétaires de chevaux. Je tends à penser que dés que l’on partage notre vie avec un cheval, on a besoin de se prouver quelque chose, mais ça c’est un autre sujet.

Parmi ces cavaliers, il y a N.

N. c’est un principe de vie à elle toute seule, une philosophie incarnée. N. n’est pas propriétaire d’un cheval, mais l’idée de l’envisager un jour l’attire. Aujourd’hui, N. prend des séances deux fois par mois et vient à nous toujours avec les mêmes intentions, pas d’attente, vivre, expérimenter et profiter. Et sa posture est un réel régal pour moi car elle est accompagnée d’une joie et d’une curiosité sans limite qui n’ont pas été entâchée par de quelconque traumatisme équestre ou autre.

Alors, quand je regarde N. je me dis qu’elle doit détenir l’un des secrets du bonheur ( c’est fou de voir combien elle émane de joie, de lumière à chaque fois qu’elle nous rejoint pour une séance ), elle est juste heureuse d’être là. Curieuse, confiante, enjouée, ouverte et présente.

Cette posture me fait écho à de nombreuses lectures au sujet de la la loi de l’attraction, au sujet de la prière abordée par Gregg Braden, ainsi qu’au sujet de la visualisation. A chaque fois, la clé n’est pas dans l’action de visualiser, de prier ou de vibrer ce qu’on veut attirer, LA CLE est dans le lâcher prise qui est sensé accompagner ces actes.

Et à voir N. évoluer avec nous, je pense qu’il y a vraiment quelque chose à apprendre de ça. Je pense qu’en se focalisant sur notre objectif, nous détenons un puissant moteur à notre progression, et qu’à la fois nous nous fermons à un tas d’autres expériences du fait d’enfermer notre regard dans un entonnoir qui va de nous à notre objectif. Parfois, on en oublierai que la solution n’est pas dans le cadre où nous l’y attendions.

J’ai la chance d’être curieuse et donc d’avoir ouvert mes sources d’outils à plus vaste que le dressage qui m’anime. Mais il n’en reste pas moins que mentalement, étant quelque part enfermée dans cet objectif, non seulement je me limite dans mes perceptions, dans mes actions et dans mes réflexions, mais surtout je mets des critères de réussite là où je pourrais seulement poser des critères d’observation.

La solution alors ? Faire un mix entre être actif et être passif, émettre et recevoir, poser des actes et attendre le résultat, poser une situation et en observer toutes les dimensions, y compris celle qui nous intéresse, nous anime.

Et si pour mieux réussir il fallait parfois laisser faire, attendre, observer, tester, jouer en quelque sorte, jouer à aller à la cueillette de tous les possibles. Contrôlons ce que nous pouvons contrôler, nous-même, prenons les rênes de nos choix et ensuite, suivre le mouvement, écouter ce qui nous revient, surfer sur ce qui nous est offert, que cela ressemble à un cadeau empoisonné ou au Graal tant espéré.

Je vais de ce pas imiter N. , vivre chaque instant avec mon cheval comme si cétait le premier, comme si c’était le dernier, et laisser plus de place à la réception qu’à l’émission, je ne peux pas être perdante ? Non, j’en suis sure.

Ecouter les chevaux dire  » non » pour leurs donner envie de dire « oui ».

On pourrait croire que l’équitation a comme base de faire dire  » oui » aux chevaux en toutes circonstances. Que l’on fasse du CSO, du complet, de la randonnée, nous avons besoin d’un cheval disponible, fiable et pas d’un cheval qui fait des refus, des dérobades ou qui nous prend la main devant un fossé.

De là, est née l’artillerie lourde des mors, éperons, enrênements et autres outils dits  » coercitifs ». La naissance de ces outils a la même motivation que celle des cavaliers  » nouvelle génération », valoriser le potentiel du cheval, se sentir en sécurité à côté comme sur eux, et se sentir en situation de réussite, entre autre.

La seule différence est que le prix n’en est pas le même lorsqu’on cherche la solution dans des outils, dans le matériel ou dans notre façon d’envisager le cheval, de communiquer avec lui, ou dans la volonté de déployer des ressources personnelles pour que  » nous suffisions » à rendre notre ami équin disponible et sécure.

Il ne s’agit pas de juger l’un ou l’autre choix, mais de comprendre que les motivations sont les mêmes ( tous ceux qui enrênent un cheval le font pour le cheval et pour avoir la sensation de lui faire du bien, ne nous y trompons pas). A partir de là, que fait -on ?

Il s’agit de comprendre que les chevaux ont une bonne raison de dire non, même si on ne la voit pas. A nous de leur donner envie de dire  » oui ».

Quand j’introduis de la nouveauté avec un cheval, que ce soit lors de notre première rencontre qui est LA nouveauté ou bien dans la progression du travail, j’observe, je découvre, je lis les différentes manières qu’a ce cheval d’être ok ou de ne pas l’être.

La liberté, un fabuleux et exigent outil de lecture.

Dans mes discussions avec les chevaux, je m’efforce, comme beaucoup, à chaque instant de permettre au cheval de rester dans sa zone de confort, au moins dans un premier temps, sinon, je risque de dépasser ses limites et de voir la communication se rompre ou bien d’observer un cheval qui s’exécute sans broncher, attendant que ça passe ! A partir de ces limites et ayant déterminer ce qui lui apporterait du confort à moyen et long terme, je les repousse doucement pour sortir le cheval de sa zone de confort sans que le stress, l’inconfort ne dépasse le seuil qui  » marquera » le cheval ( voire traumatise soyons honnêtes ) en cédant à la moindre réponse de sa part qui ressemble à un compromis entre ma demande et l’effort que représente le fait d’être sorti de cette « zone confortable ». En gros, je lui prouve qu’il peut se dépasser tout en étant écouté.

D’autres appellent ça je crois la  » gymnastique émotionnelle ».

Alors, le cheval découvrant en l’homme, en la femme, un individu sûr, juste, respectueux développe non seulement sa confiance en ce référent mais surtout confiance en lui. La relation devient alors très confortable et le cheval prend goût au travail. Avec le temps, le cheval en finit par assimiler chaque demande du cavalier comme réalisable, même si lui n’y croit pas de prime abord ( un fossé, une flaque, un vélo, un sous-bassement … ) . Cela a comme deuxième effet de rendre les chevaux  » polis », j’entends pas là qu’ils ne ressentent plus le besoin de déployer une importante énergie pour se faire entendre ( arracher la longe, bousculer, embarquer, envoyer le postérieur en vache … ) si on muscle notre capacité à écouter lorsqu’ils expriment leurs limites.

Que votre cheval s’exprime par la violence d’une défense ou d’une résistance, par la fuite brutale ou par la démission totale ( attendant que ça passe ), leur apprendre à dire « oui » pour entendre les murmures de  » non » fait partie de ces garanties d’une relation constructive. Comme pour nous, sortir de sa zone de confort nécessite un minimum de confiance, d’assurance, de clarté et dépend pour beaucoup de celui ou celle qui nous accompagne.

S’adapter, rebondir, valoriser, récompenser, répéter avec curiosité, joie, légèreté, ouverture et écoute sont, pour moi, l’une des bases essentielles à une relation qui valorise chacun, sans être au détriment de l’un ou de l’autre.

Je suis de celles qui aspirent à faire collaborer le cheval dans les activités que je veux partager avec eux, donc, j’ai fait le choix de la non coercition dans le seul but de permettre la discussion. Cela nous ouvre les portes de la prise d’initiatives par les chevaux, cela les responsabilise pour s’organiser à donner les réponses.

Cela m’amène à recevoir des  » cadeaux ». Les chevaux m’épatent, souvent je dois le dire. Je pense à Caïno, Abir, Scarento et d’autres qui ont exprimé, qui ont donné des gestes ou des comportements que je n’aurai jamais attendu ou exigé d’eux à leur stade de travail ( Abir qui se déplace aux trois allures têtes basses en liberté dans un rond de longe en pente, cadencé, stable, attentif, décontracté mentalement, Caïno qui montre une stabilité émotionnelle inébranlable dans un nouvel environnement de travail inconfortable sur le papier, Sca qui demande à étendre son encolure vers le bas dans un déplacement latéral ! ). Ils vont là où j’aspire à les emmener bien avant que j’ose attendre cela d’eux. Ce sont des moments exceptionnels car ces petits loulous abîmés, fins, timides se montrent force de proposition et armés de confiance avec une aisance qui leur est peu commune, et ça, ça vaut de l’or.

Entendons les « non » pour mieux leur donner envie de dire « oui », remercions-les à chaque fois avec une intensité enfantine et ils nous décrochent la lune.

Belle expérimentation à vous 😉

Si vous souhaitez affiner votre lecture du cheval, enrichir votre compréhension de leurs réponses, prendre confiance dans la lecture des « oui » et des « non » du cheval, je vous invite à me contacter pour assister à l’atelier  » Lecture du cheval : entendre les « non » et cultiver les « oui »« .

Et vous, quelles sont vos intentions ?

Les cavaliers qui travaillent avec moi le savent, je pose souvent des questions dans l’intention de clarifier les intentions ou les qualités présentent dans l’échange avec le cheval.

Ce court questionnaire vous invite à prendre quelques minutes pour vous poser des questions simples vous offrant la possibilité de poser des mots sur vous et votre regard sur le cheval.

En se posant des questions, nous pouvons clarifier nos intentions, ou bien en savoir plus sur ce qui nous motive au fond, ou encore créer la vision de ce à quoi nous aspirons, car au final, tout ne partirait-il pas de là ?

Si vous souhaitez prendre le temps de répondre à ce court questionnaire, vous pouvez découvrir chez vous des choses que vous ne voyiez pas jusque là.

Le questionnaire est ici.

Nouvelles prestations

Se ré-inventer, s’adapter, faire preuve de créativité, voilà à quoi nous invitent, entre autre, les chevaux. La vie est en éternel mouvement, et c’est pourquoi de nouvelles formules de transmission de mon équitation voient le jour.

Jusqu’ici je pensais répondre à l’un des besoins des cavaliers qui font appel à moi, la liberté de choisir quand programmer une séance, la liberté de ne pas s’engager avec un professionnel qui, du jour au lendemain, peut s’avérer ne pas être la personne la plus adaptée à la situation à l’instant T.

Mais, la liberté, à mes yeux, c’est aussi et surtout la liberté de choix.

La possibilité de prendre une séance ponctuellement est tout aussi confortable que celle de savoir où on va, de poser un planning de travail rythmé, et de poser les bases d’un échange pécuniaire qui soit confortable, stable pour chaque protagoniste.

A présent, chers cavaliers, vous aurez le choix, en faisant appel à moi, de recevoir une séance ponctuelle, au gré de vos envies, mais également d’opter pour une carte, créée sur-mesure, vous permettant de ne plus penser à organiser au jour le jour le planning de travail de votre cheval, de ne plus vérifier si vos finances vous autorisent ou pas à faire appel à moi, de ne plus prier pour que nos plannings concordent ( cela fait beaucoup de paramètres tout de même qui viennent « polluer » le mental, en terme de gestion ) et vous offrant stabilité, rythme, clarté, sécurité et respect de vos besoins.

De mon côté, cela m’offre la possibilité de savoir où je vais chaque mois tant au niveau de l’organisation de mon planning que dans la gestion de mes revenus, qui, en tant qu’indépendante, est loin d’être chose facile à organiser. Cela me permet aussi de vous dispenser les bases essentielles à votre recherche, car en une séance, il ne nous est pas possible d’aborder le vaste sujet qu’est le travail et la relation homme-cheval.

Cela s’inscrit dans la même démarche que celle que je donne à mon enseignement : prendre soin de chaque élément du système.

Vous, moi et votre cheval faisons partie de ce système, et pour aller au bout de cette idée, les Formules et les Cartes nous offrent cette opportunité.

De plus, vous avez également la possibilité d’opter pour la Pension Travail qui peut intervenir pour toutes transitions dans votre parcours équestre. Il n’y a en réalité pas seulement le débourrage qui peut nécessiter une prise en charge soutenue et globale.La remise au travail du couple après une longue période de stand-by, le besoin de surmonter un traumatisme du cavalier et/ou du cheval, le re-débourrage de votre compagnon qui ne peut être envisagé sans une prise en charge de son environnement de vie comme de travail et sans l’urgence de devoir l’envisager en 6 semaines …

Vous en ressortirez autonome, prêt à galoper vers vos objectifs, armé de compréhension et d’outils sur lesquels vous appuyer pour poursuivre votre progression, dans le respect, l’écoute, la légèreté et la liberté de vivre ce à quoi vous aspirez.

Et pour vous, quelle est la forme la plus confortable vous offrant sécurité, liberté, légèreté tout en mettant en oeuvre votre créativité ?

Une question, ou plusieurs ? C’est par ici.

Envie d’en savoir plus sur ce que je vous propose ? Lisez ceci.

Du regard

 

Au sujet du regard

 

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En moins de 24h, il m’est donné à deux reprises l’occasion de me pencher sur ce «  regard ». Le regard sur soi, le regard que l’on reçoit des autres, le regard que l’on porte sur l’autre.

Ami ou ennemi ?

 

Le regard sur soi.

 

Humains que nous sommes, nous utilisons le regard focal ( versus panoramique ). Nos yeux s’arrêtent sur une chose, une personne, un détail et l’attention se focalise littéralement dessus. Et celui qui accompagne ce regard, sans y être invité mais que personne n’a jamais empêché de rentrer, c’est le jugement.

Observation ou évaluation ?

On ne regarde plus pour regarder, on regarde pour évaluer, juger, jauger. Je me vois comme ci, comme ça, avec tel défaut, telle qualité, regard emprunt du passé, du vécu, des gens qu’on a croisé, aimé, rejeté … Mais se regarde-t-on vraiment, de manière lucide, objective ? Est-ce possible ?

Quand vous vous voyez en situation d’échec, d’autres vous voient en plein expérimentation, d’autres vous verront courageux, d’autres encore vous verront stupides de prendre des risques …

Notre regard sur nous-mêmes n’est que la synthèse d’un tas de croyances, d’expériences, de rencontres, de blessures ou de satisfaction, en somme, c’est un théâtre, une mise en scène, une photo à un instant T.

 

Le regard que nous portons sur nous-même est un poids que nous portons, qu’il soit glorieux ou pessimiste. Plus qu’un poids, ce sont des œillères, des murs qui, si on lui donne trop de place, nous ferme les portes à d’autres choses intéressantes, rencontres, situations, expériences, joies … En gros, c’est une boîte dans laquelle on s’enferme bon gré mal gré. Et c’est très très limitée comme boîte.

 

Ma boîte à moi n’est pas très lumineuse mais elle m’est confortable car je la connais, j’ai grandi avec, j’y ai mes repères et j’y suis bien rangée. Mais il arrive parfois un moment où l’on s’y sent à l’étroit, où on aperçoit que en dehors de la boîte, il y a d’autres choses qu’on aimerai y faire entrer, d’autres qualités dont on peut s’affubler et qui n’enlève rien à personne au contraire.

 

Alors la solution ?

Il n’y en a pas.

Si.

Une.

Changer de point de vue. Regardez-vous comme vous regarderiez une personne à qui vous voulez offrir de la bienveillance, de la douceur, de l’optimisme par exemple. Prendre du recul, faire le bilan de votre chemin, non pas de vos actes mais de votre état d’être. Félicitez-vous. Réjouissez-vous. Récompensez-vous.

 

Le regard que les autres portent sur nous.

 

Il a plus ou moins d’importance selon les personnes. Parfois il est insidieux. On a l’impression qu’il n’a pas d’incidence mais souvent, il y a certaines personnes à qui on aimerait donner moins d’importance mais qui au final ont un regard prépondérant sur nous. Mais parfois on le recherche, ce regard extérieur. Alors, parce qu’on l’ a appelé, nous devons nous l’approprier ?

 

 

Ce sujet fut abordé à propos d’un couple cavalière cheval qui, en demandant conseil à des professionnels, s’est vu conseillée de se séparer du dit cheval. C’est un point de vue louable pour une question de sécurité ou d’utilisation par exemple.

Cela peut également être le regard d’une personne extérieure, pro ou pas, sur le potentiel de votre cheval, de votre couple, sur votre propre potentiel …

Dans tous les cas, ne jamais oublier une chose : le regard que porte l’autre sur soi est lui aussi emprunt d’un passé, de traumatismes, d’inconnus, ce n’est qu’un regard à un instant T, plus ou moins pertinent.

La seule qui soit apte à vous éclairer dans ces cas là, c’est l’intuition je crois. Pour peu qu’on la laisse parler.

 

Mais ne donner pas à quelqu’un d’autre le «  pouvoir » de vous « évaluer », de vous juger. Vous lui donnerez ce pouvoir en absorbant ses mots, en les laissant pénétrer votre mental, en les laissant parfois dicter vos actes.

Vous ne les absorberez pas quand vous les entendrez en les analysant, en en prenant note, en prenant du recul sur ce regard mais sans les coller sur vous ( ou sur votre cheval) immédiatement. Qu’il soit porteur ou destructeur, le regard des autres n’est aussi qu’un fake. C’est un point de vue. Le même que lorsque vous vous postez en haut d’une montagne et que, si vous allez sur la montagne voisine, vous en aurez un autre. Cela ne sera jamais la véritable forme, ou le véritable état de cette montagne, ce n’est qu’un point de vue. ( sans parler du fait que la montagne n’est pas seulement composée de la « croûte » que nos yeux perçoivent. Elle est plus dense que cela, plus vivante que cela, plus riche que cela, et elle a un passé avant nous, un futur après nous, et notre regard à un instant T ne suffit pas à résumer ce qu’elle est de puis des milliers d’années.)

 

 

Le regard que je porte sur l’autre.

 

Celui-là, il est le plus gros fake qui soit ! car à chaque fois qu’on regarde l’autre, c’est pour mieux ne pas se regarder !!! La manière dont on regarde les individus ou les situations parle de nous.

Je parle de ce regard qui juge, qui jauge, qui range, qui met en boîte. La bonne, la mauvaise boîte.

Celui qui nous importe est celui qui impacte notre entourage proche, en tout cas, dans ce petit texte.

Ce matin, nous avons aborder la place des actes des autres dans ce qu’il créé chez soi, le regard que nous portons sur une situation, un comportement, un mot et qui nous impacte, nous fait juger la situation. «  ce manque de respect m’insulte », « ce manque d’écoute m’agace », «  son incompréhension me fatigue » …

 

Dans tous les cas, on charge l’autre d’être responsable de ce qu’on ressent, de ce qu’on perçoit, de ce qu’on vit. Mais, pareil, cela sera totalement différent d’une personne à une autre.

«  Mon cheval a tout le temps peur de la même bâche, ça m’inquiète ou ça m’énerve ou ça me stresse, ou ça m’amuse » ! dans tous les cas, le cheval a peur de la bâche, et suivant la personne, ça n’aura pas le même impact. Alors, qui est vraiment responsable de ce qu’on ressent ? le cheval ? la bâche ? et oui, c’est nous-même.

 

Et c’est là que ça devient intéressant. Car cela nous donne plein d’informations, quand on le sait, et biensûr, c’est loin d’être évident. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que toutes les réactions ne sont empruntes que du regard que l’on porte sur la situation, elles n’appartiennent qu’à nous. Mais la première chose à faire selon moi, est de ne pas incriminer l’autre pour ce que l’on vit car il a déjà bien assez à gérer. Et dans un deuxième temps, ne pas s’incriminer soit, mais de lire les informations liés à ces sentiments, à ces états, à ces idées.

Alors, encore une fois, changeons de perspective. Mon cheval a peur de la bâche ok. Ça me stresse ou ça m’agace ok. D’après vous, ça va le rassurer de savoir que ça vous stresse ou que ça vous agace ? Echangeons les rôles. Demain, vous avez peur de quelque chose, je ne sais quoi, une situation, un événement, une balade un dimanche de chasse … Et votre entourage ou votre cheval vous renvoie de l’agacement, ou de la colère, ou bien de la honte … Cela vous aidera-t-il vraiment à passer outre cet état ?

Etes –vous responsable de la colère de cet individu ? N’avez-vous pas assez à gérer avec votre peur ?

Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres mais j’espère que l’analogie vous semble transposable à toutes les émotions, à tous les états.

 

Pour aller plus loin, je ne peux que conseiller de lire Marshall B. Rosenberg qui a écrit de nombreux livres sur ce sujet. Il fut d’un éclairage bienvenu en ce qui me concerne.

 

 

Tout cela pour dire : Attention. Attention au regard qui évalue, qui range, qui enferme, qui bloque. La conscience que tout est information, tout est juste, tout a une raison d’être ne doit pas cacher le fait que nous ne sommes pas ce que nous voyons, nous ne sommes pas ce que nous faisons, nous ne sommes pas uniquement une image. Et l’autre non plus.

 

 

 

« Nous sommes dangereux quand nous ne sommes pas conscients que nous sommes responsables de nos actes, de nos pensées et de nos sentiments » Marshall B. Rosenberg.

De la compréhension.

En tant qu’enseignante, je suis régulièrement amenée à rencontrer des cavaliers qui m’appellent pour une incompréhension entre eux et leur cheval. Il va trop vite, il ne m’écoute pas, il a peur de tout, il est lourd …etc…

            Quand le besoin s’en fait sentir, l’une de mes premières questions est de demander que le cavalier me partage trois qualités et trois défauts de son cheval.          Pas toujours simple, surtout pour leur trouver des défauts ! Et la question qui suit est toujours la même : ces trois qualités et ces trois défauts vous qualifient-ils vous aussi ? Et c’est oui, systématiquement.

            Ces questions des plus anodines permettent au cavalier de gagner en douceur avec lui-même et en empathie envers son cheval. Mais le chemin va encore être long vers la compréhension… de soi.

            Avant tout travail technique, il va d’abord falloir faire un lien entre lui et vous. Au-delà du lien affectif, du lien équestre ou autre, vous vous êtes choisis, mutuellement, pour une raison bien précise. Ce cheval est là pour vous apprendre quelque chose que vous n’êtes pas encore parvenu à éclairer. Quelle chance. La vie vous a apporté 500 kg de finesse ( mais aussi 500 kg de muscles ) pour avancer vers votre chemin vers vous-même ! Les drames, les rencontres, les maladies entre autre ont aussi ce rôle là, mais souvent plus douloureux à passer. Vous, vous avez choisi de vous accompagner d’un être sensible, patient, généreux mais aussi entier, fragile et qui vit dans l’immédiateté.

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            Nous passons beaucoup de temps à regarder ce qui se passe à l’extérieur : dans le monde, dans nos familles, dans le milieu professionnel, dans nos relations. Sans jamais regarder ce qui se passe à l’intérieur et qui pourtant conditionne tout ce qui se passe à l’extérieur. Ce ne sont guère les évènements qui nous affectent. C’est ce qui se passe en nous que nous devons gérer, c’est la situation «  que nous avons créé » et la perception que nous en avons qui nous trouble. 100 personnes confrontées à la même situation auront 100 réactions différentes. Tout se passe entre nous et nous.

            Et puis, arrive le cheval professeur. Professeur de confort, de bien-être, d’équilibre, celui qui ( tous en fait ) exprime clairement quand vous êtes sur la bonne voie car il se met à éprouver du confort avec vous, parfois par éclair, d’autres fois, au quotidien. Le cheval est le meilleur baromètre d’équilibre. Equilibre ostéo-articulaire, équilibre musculaire, équilibre émotionnel …C’est pour ça qu’ils sont tous si différents et qu’on a rencontré celui là et pas un autre.

 

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            A défaut d’oser vous regarder, vous écouter, regardez les, écoutez les, ils sont vous et vous êtes eux. Alors, osez. Osez sentir, osez voir, osez entendre, osez vivre, et en les comprenant vous vous comprendrez, en vous comprenant, vous trouverez les clés de votre équilibre, qui déteindra sur tout ce qui vous est extérieur et si cher, famille, travail, ami, compagnon animaux …

            Prenez soin de vous comme vous prenez soin d’eux, et bien plus encore. C’est peut être le seul cadeau que vous aurez toujours le droit ( l’obligation ) de vous faire à vous-même car il conditionne tout ce qui émane de vous, et gravite autour de vous.