Ecouter les chevaux dire  » non » pour leurs donner envie de dire « oui ».

On pourrait croire que l’équitation a comme base de faire dire  » oui » aux chevaux en toutes circonstances. Que l’on fasse du CSO, du complet, de la randonnée, nous avons besoin d’un cheval disponible, fiable et pas d’un cheval qui fait des refus, des dérobades ou qui nous prend la main devant un fossé.

De là, est née l’artillerie lourde des mors, éperons, enrênements et autres outils dits  » coercitifs ». La naissance de ces outils a la même motivation que celle des cavaliers  » nouvelle génération », valoriser le potentiel du cheval, se sentir en sécurité à côté comme sur eux, et se sentir en situation de réussite, entre autre.

La seule différence est que le prix n’en est pas le même lorsqu’on cherche la solution dans des outils, dans le matériel ou dans notre façon d’envisager le cheval, de communiquer avec lui, ou dans la volonté de déployer des ressources personnelles pour que  » nous suffisions » à rendre notre ami équin disponible et sécure.

Il ne s’agit pas de juger l’un ou l’autre choix, mais de comprendre que les motivations sont les mêmes ( tous ceux qui enrênent un cheval le font pour le cheval et pour avoir la sensation de lui faire du bien, ne nous y trompons pas). A partir de là, que fait -on ?

Il s’agit de comprendre que les chevaux ont une bonne raison de dire non, même si on ne la voit pas. A nous de leur donner envie de dire  » oui ».

Quand j’introduis de la nouveauté avec un cheval, que ce soit lors de notre première rencontre qui est LA nouveauté ou bien dans la progression du travail, j’observe, je découvre, je lis les différentes manières qu’a ce cheval d’être ok ou de ne pas l’être.

La liberté, un fabuleux et exigent outil de lecture.

Dans mes discussions avec les chevaux, je m’efforce, comme beaucoup, à chaque instant de permettre au cheval de rester dans sa zone de confort, au moins dans un premier temps, sinon, je risque de dépasser ses limites et de voir la communication se rompre ou bien d’observer un cheval qui s’exécute sans broncher, attendant que ça passe ! A partir de ces limites et ayant déterminer ce qui lui apporterait du confort à moyen et long terme, je les repousse doucement pour sortir le cheval de sa zone de confort sans que le stress, l’inconfort ne dépasse le seuil qui  » marquera » le cheval ( voire traumatise soyons honnêtes ) en cédant à la moindre réponse de sa part qui ressemble à un compromis entre ma demande et l’effort que représente le fait d’être sorti de cette « zone confortable ». En gros, je lui prouve qu’il peut se dépasser tout en étant écouté.

D’autres appellent ça je crois la  » gymnastique émotionnelle ».

Alors, le cheval découvrant en l’homme, en la femme, un individu sûr, juste, respectueux développe non seulement sa confiance en ce référent mais surtout confiance en lui. La relation devient alors très confortable et le cheval prend goût au travail. Avec le temps, le cheval en finit par assimiler chaque demande du cavalier comme réalisable, même si lui n’y croit pas de prime abord ( un fossé, une flaque, un vélo, un sous-bassement … ) . Cela a comme deuxième effet de rendre les chevaux  » polis », j’entends pas là qu’ils ne ressentent plus le besoin de déployer une importante énergie pour se faire entendre ( arracher la longe, bousculer, embarquer, envoyer le postérieur en vache … ) si on muscle notre capacité à écouter lorsqu’ils expriment leurs limites.

Que votre cheval s’exprime par la violence d’une défense ou d’une résistance, par la fuite brutale ou par la démission totale ( attendant que ça passe ), leur apprendre à dire « oui » pour entendre les murmures de  » non » fait partie de ces garanties d’une relation constructive. Comme pour nous, sortir de sa zone de confort nécessite un minimum de confiance, d’assurance, de clarté et dépend pour beaucoup de celui ou celle qui nous accompagne.

S’adapter, rebondir, valoriser, récompenser, répéter avec curiosité, joie, légèreté, ouverture et écoute sont, pour moi, l’une des bases essentielles à une relation qui valorise chacun, sans être au détriment de l’un ou de l’autre.

Je suis de celles qui aspirent à faire collaborer le cheval dans les activités que je veux partager avec eux, donc, j’ai fait le choix de la non coercition dans le seul but de permettre la discussion. Cela nous ouvre les portes de la prise d’initiatives par les chevaux, cela les responsabilise pour s’organiser à donner les réponses.

Cela m’amène à recevoir des  » cadeaux ». Les chevaux m’épatent, souvent je dois le dire. Je pense à Caïno, Abir, Scarento et d’autres qui ont exprimé, qui ont donné des gestes ou des comportements que je n’aurai jamais attendu ou exigé d’eux à leur stade de travail ( Abir qui se déplace aux trois allures têtes basses en liberté dans un rond de longe en pente, cadencé, stable, attentif, décontracté mentalement, Caïno qui montre une stabilité émotionnelle inébranlable dans un nouvel environnement de travail inconfortable sur le papier, Sca qui demande à étendre son encolure vers le bas dans un déplacement latéral ! ). Ils vont là où j’aspire à les emmener bien avant que j’ose attendre cela d’eux. Ce sont des moments exceptionnels car ces petits loulous abîmés, fins, timides se montrent force de proposition et armés de confiance avec une aisance qui leur est peu commune, et ça, ça vaut de l’or.

Entendons les « non » pour mieux leur donner envie de dire « oui », remercions-les à chaque fois avec une intensité enfantine et ils nous décrochent la lune.

Belle expérimentation à vous 😉

Si vous souhaitez affiner votre lecture du cheval, enrichir votre compréhension de leurs réponses, prendre confiance dans la lecture des « oui » et des « non » du cheval, je vous invite à me contacter pour assister à l’atelier  » Lecture du cheval : entendre les « non » et cultiver les « oui »« .

2 commentaires sur “Ecouter les chevaux dire  » non » pour leurs donner envie de dire « oui ».

  1. Bonjour. Concernant l’atelier « lecture du cheval », pouvez vous m’expliquer comment ça se passe, les heures et le tarif. Étant propriétaire d’une jument, je me pose beaucoup de questions sur ces différentes attitudes et votre atelier m interpelle. En vous remerciant. Bien cordialement

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