Ecouter les chevaux dire  » non » pour leurs donner envie de dire « oui ».

On pourrait croire que l’équitation a comme base de faire dire  » oui » aux chevaux en toutes circonstances. Que l’on fasse du CSO, du complet, de la randonnée, nous avons besoin d’un cheval disponible, fiable et pas d’un cheval qui fait des refus, des dérobades ou qui nous prend la main devant un fossé.

De là, est née l’artillerie lourde des mors, éperons, enrênements et autres outils dits  » coercitifs ». La naissance de ces outils a la même motivation que celle des cavaliers  » nouvelle génération », valoriser le potentiel du cheval, se sentir en sécurité à côté comme sur eux, et se sentir en situation de réussite, entre autre.

La seule différence est que le prix n’en est pas le même lorsqu’on cherche la solution dans des outils, dans le matériel ou dans notre façon d’envisager le cheval, de communiquer avec lui, ou dans la volonté de déployer des ressources personnelles pour que  » nous suffisions » à rendre notre ami équin disponible et sécure.

Il ne s’agit pas de juger l’un ou l’autre choix, mais de comprendre que les motivations sont les mêmes ( tous ceux qui enrênent un cheval le font pour le cheval et pour avoir la sensation de lui faire du bien, ne nous y trompons pas). A partir de là, que fait -on ?

Il s’agit de comprendre que les chevaux ont une bonne raison de dire non, même si on ne la voit pas. A nous de leur donner envie de dire  » oui ».

Quand j’introduis de la nouveauté avec un cheval, que ce soit lors de notre première rencontre qui est LA nouveauté ou bien dans la progression du travail, j’observe, je découvre, je lis les différentes manières qu’a ce cheval d’être ok ou de ne pas l’être.

La liberté, un fabuleux et exigent outil de lecture.

Dans mes discussions avec les chevaux, je m’efforce, comme beaucoup, à chaque instant de permettre au cheval de rester dans sa zone de confort, au moins dans un premier temps, sinon, je risque de dépasser ses limites et de voir la communication se rompre ou bien d’observer un cheval qui s’exécute sans broncher, attendant que ça passe ! A partir de ces limites et ayant déterminer ce qui lui apporterait du confort à moyen et long terme, je les repousse doucement pour sortir le cheval de sa zone de confort sans que le stress, l’inconfort ne dépasse le seuil qui  » marquera » le cheval ( voire traumatise soyons honnêtes ) en cédant à la moindre réponse de sa part qui ressemble à un compromis entre ma demande et l’effort que représente le fait d’être sorti de cette « zone confortable ». En gros, je lui prouve qu’il peut se dépasser tout en étant écouté.

D’autres appellent ça je crois la  » gymnastique émotionnelle ».

Alors, le cheval découvrant en l’homme, en la femme, un individu sûr, juste, respectueux développe non seulement sa confiance en ce référent mais surtout confiance en lui. La relation devient alors très confortable et le cheval prend goût au travail. Avec le temps, le cheval en finit par assimiler chaque demande du cavalier comme réalisable, même si lui n’y croit pas de prime abord ( un fossé, une flaque, un vélo, un sous-bassement … ) . Cela a comme deuxième effet de rendre les chevaux  » polis », j’entends pas là qu’ils ne ressentent plus le besoin de déployer une importante énergie pour se faire entendre ( arracher la longe, bousculer, embarquer, envoyer le postérieur en vache … ) si on muscle notre capacité à écouter lorsqu’ils expriment leurs limites.

Que votre cheval s’exprime par la violence d’une défense ou d’une résistance, par la fuite brutale ou par la démission totale ( attendant que ça passe ), leur apprendre à dire « oui » pour entendre les murmures de  » non » fait partie de ces garanties d’une relation constructive. Comme pour nous, sortir de sa zone de confort nécessite un minimum de confiance, d’assurance, de clarté et dépend pour beaucoup de celui ou celle qui nous accompagne.

S’adapter, rebondir, valoriser, récompenser, répéter avec curiosité, joie, légèreté, ouverture et écoute sont, pour moi, l’une des bases essentielles à une relation qui valorise chacun, sans être au détriment de l’un ou de l’autre.

Je suis de celles qui aspirent à faire collaborer le cheval dans les activités que je veux partager avec eux, donc, j’ai fait le choix de la non coercition dans le seul but de permettre la discussion. Cela nous ouvre les portes de la prise d’initiatives par les chevaux, cela les responsabilise pour s’organiser à donner les réponses.

Cela m’amène à recevoir des  » cadeaux ». Les chevaux m’épatent, souvent je dois le dire. Je pense à Caïno, Abir, Scarento et d’autres qui ont exprimé, qui ont donné des gestes ou des comportements que je n’aurai jamais attendu ou exigé d’eux à leur stade de travail ( Abir qui se déplace aux trois allures têtes basses en liberté dans un rond de longe en pente, cadencé, stable, attentif, décontracté mentalement, Caïno qui montre une stabilité émotionnelle inébranlable dans un nouvel environnement de travail inconfortable sur le papier, Sca qui demande à étendre son encolure vers le bas dans un déplacement latéral ! ). Ils vont là où j’aspire à les emmener bien avant que j’ose attendre cela d’eux. Ce sont des moments exceptionnels car ces petits loulous abîmés, fins, timides se montrent force de proposition et armés de confiance avec une aisance qui leur est peu commune, et ça, ça vaut de l’or.

Entendons les « non » pour mieux leur donner envie de dire « oui », remercions-les à chaque fois avec une intensité enfantine et ils nous décrochent la lune.

Belle expérimentation à vous 😉

Si vous souhaitez affiner votre lecture du cheval, enrichir votre compréhension de leurs réponses, prendre confiance dans la lecture des « oui » et des « non » du cheval, je vous invite à me contacter pour assister à l’atelier  » Lecture du cheval : entendre les « non » et cultiver les « oui »« .

Et vous, quelles sont vos intentions ?

Les cavaliers qui travaillent avec moi le savent, je pose souvent des questions dans l’intention de clarifier les intentions ou les qualités présentent dans l’échange avec le cheval.

Ce court questionnaire vous invite à prendre quelques minutes pour vous poser des questions simples vous offrant la possibilité de poser des mots sur vous et votre regard sur le cheval.

En se posant des questions, nous pouvons clarifier nos intentions, ou bien en savoir plus sur ce qui nous motive au fond, ou encore créer la vision de ce à quoi nous aspirons, car au final, tout ne partirait-il pas de là ?

Si vous souhaitez prendre le temps de répondre à ce court questionnaire, vous pouvez découvrir chez vous des choses que vous ne voyiez pas jusque là, et si vous le souhaitez, découvrir également mes réponses, cela vous permettant de découvrir vers quoi je tend.

Le questionnaire est ici.

Nouvelles prestations

Se ré-inventer, s’adapter, faire preuve de créativité, voilà à quoi nous invitent, entre autre, les chevaux. La vie est en éternel mouvement, et c’est pourquoi de nouvelles formules de transmission de mon équitation voient le jour.

Jusqu’ici je pensais répondre à l’un des besoins des cavaliers qui font appel à moi, la liberté de choisir quand programmer une séance, la liberté de ne pas s’engager avec un professionnel qui, du jour au lendemain, peut s’avérer ne pas être la personne la plus adaptée à la situation à l’instant T.

Mais, la liberté, à mes yeux, c’est aussi et surtout la liberté de choix.

La possibilité de prendre une séance ponctuellement est tout aussi confortable que celle de savoir où on va, de poser un planning de travail rythmé, et de poser les bases d’un échange pécuniaire qui soit confortable, stable pour chaque protagoniste.

A présent, chers cavaliers, vous aurez le choix, en faisant appel à moi, de recevoir une séance ponctuelle, au gré de vos envies, mais également d’opter pour une carte, créée sur-mesure, vous permettant de ne plus penser à organiser au jour le jour le planning de travail de votre cheval, de ne plus vérifier si vos finances vous autorisent ou pas à faire appel à moi, de ne plus prier pour que nos plannings concordent ( cela fait beaucoup de paramètres tout de même qui viennent « polluer » le mental, en terme de gestion ) et vous offrant stabilité, rythme, clarté, sécurité et respect de vos besoins.

De mon côté, cela m’offre la possibilité de savoir où je vais chaque mois tant au niveau de l’organisation de mon planning que dans la gestion de mes revenus, qui, en tant qu’indépendante, est loin d’être chose facile à organiser. Cela me permet aussi de vous dispenser les bases essentielles à votre recherche, car en une séance, il ne nous est pas possible d’aborder le vaste sujet qu’est le travail et la relation homme-cheval.

Cela s’inscrit dans la même démarche que celle que je donne à mon enseignement : prendre soin de chaque élément du système.

Vous, moi et votre cheval faisons partie de ce système, et pour aller au bout de cette idée, les Formules et les Cartes nous offrent cette opportunité.

De plus, vous avez également la possibilité d’opter pour la Pension Travail qui peut intervenir pour toutes transitions dans votre parcours équestre. Il n’y a en réalité pas seulement le débourrage qui peut nécessiter une prise en charge soutenue et globale.La remise au travail du couple après une longue période de stand-by, le besoin de surmonter un traumatisme du cavalier et/ou du cheval, le re-débourrage de votre compagnon qui ne peut être envisagé sans une prise en charge de son environnement de vie comme de travail et sans l’urgence de devoir l’envisager en 6 semaines …

Vous en ressortirez autonome, prêt à galoper vers vos objectifs, armé de compréhension et d’outils sur lesquels vous appuyer pour poursuivre votre progression, dans le respect, l’écoute, la légèreté et la liberté de vivre ce à quoi vous aspirez.

Et pour vous, quelle est la forme la plus confortable vous offrant sécurité, liberté, légèreté tout en mettant en oeuvre votre créativité ?

Une question, ou plusieurs ? C’est par ici.

Envie d’en savoir plus sur ce que je vous propose ? Lisez ceci.

Du regard

 

Au sujet du regard

 

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En moins de 24h, il m’est donné à deux reprises l’occasion de me pencher sur ce «  regard ». Le regard sur soi, le regard que l’on reçoit des autres, le regard que l’on porte sur l’autre.

Ami ou ennemi ?

 

Le regard sur soi.

 

Humains que nous sommes, nous utilisons le regard focal ( versus panoramique ). Nos yeux s’arrêtent sur une chose, une personne, un détail et l’attention se focalise littéralement dessus. Et celui qui accompagne ce regard, sans y être invité mais que personne n’a jamais empêché de rentrer, c’est le jugement.

Observation ou évaluation ?

On ne regarde plus pour regarder, on regarde pour évaluer, juger, jauger. Je me vois comme ci, comme ça, avec tel défaut, telle qualité, regard emprunt du passé, du vécu, des gens qu’on a croisé, aimé, rejeté … Mais se regarde-t-on vraiment, de manière lucide, objective ? Est-ce possible ?

Quand vous vous voyez en situation d’échec, d’autres vous voient en plein expérimentation, d’autres vous verront courageux, d’autres encore vous verront stupides de prendre des risques …

Notre regard sur nous-mêmes n’est que la synthèse d’un tas de croyances, d’expériences, de rencontres, de blessures ou de satisfaction, en somme, c’est un théâtre, une mise en scène, une photo à un instant T.

 

Le regard que nous portons sur nous-même est un poids que nous portons, qu’il soit glorieux ou pessimiste. Plus qu’un poids, ce sont des œillères, des murs qui, si on lui donne trop de place, nous ferme les portes à d’autres choses intéressantes, rencontres, situations, expériences, joies … En gros, c’est une boîte dans laquelle on s’enferme bon gré mal gré. Et c’est très très limitée comme boîte.

 

Ma boîte à moi n’est pas très lumineuse mais elle m’est confortable car je la connais, j’ai grandi avec, j’y ai mes repères et j’y suis bien rangée. Mais il arrive parfois un moment où l’on s’y sent à l’étroit, où on aperçoit que en dehors de la boîte, il y a d’autres choses qu’on aimerai y faire entrer, d’autres qualités dont on peut s’affubler et qui n’enlève rien à personne au contraire.

 

Alors la solution ?

Il n’y en a pas.

Si.

Une.

Changer de point de vue. Regardez-vous comme vous regarderiez une personne à qui vous voulez offrir de la bienveillance, de la douceur, de l’optimisme par exemple. Prendre du recul, faire le bilan de votre chemin, non pas de vos actes mais de votre état d’être. Félicitez-vous. Réjouissez-vous. Récompensez-vous.

 

Le regard que les autres portent sur nous.

 

Il a plus ou moins d’importance selon les personnes. Parfois il est insidieux. On a l’impression qu’il n’a pas d’incidence mais souvent, il y a certaines personnes à qui on aimerait donner moins d’importance mais qui au final ont un regard prépondérant sur nous. Mais parfois on le recherche, ce regard extérieur. Alors, parce qu’on l’ a appelé, nous devons nous l’approprier ?

 

 

Ce sujet fut abordé à propos d’un couple cavalière cheval qui, en demandant conseil à des professionnels, s’est vu conseillée de se séparer du dit cheval. C’est un point de vue louable pour une question de sécurité ou d’utilisation par exemple.

Cela peut également être le regard d’une personne extérieure, pro ou pas, sur le potentiel de votre cheval, de votre couple, sur votre propre potentiel …

Dans tous les cas, ne jamais oublier une chose : le regard que porte l’autre sur soi est lui aussi emprunt d’un passé, de traumatismes, d’inconnus, ce n’est qu’un regard à un instant T, plus ou moins pertinent.

La seule qui soit apte à vous éclairer dans ces cas là, c’est l’intuition je crois. Pour peu qu’on la laisse parler.

 

Mais ne donner pas à quelqu’un d’autre le «  pouvoir » de vous « évaluer », de vous juger. Vous lui donnerez ce pouvoir en absorbant ses mots, en les laissant pénétrer votre mental, en les laissant parfois dicter vos actes.

Vous ne les absorberez pas quand vous les entendrez en les analysant, en en prenant note, en prenant du recul sur ce regard mais sans les coller sur vous ( ou sur votre cheval) immédiatement. Qu’il soit porteur ou destructeur, le regard des autres n’est aussi qu’un fake. C’est un point de vue. Le même que lorsque vous vous postez en haut d’une montagne et que, si vous allez sur la montagne voisine, vous en aurez un autre. Cela ne sera jamais la véritable forme, ou le véritable état de cette montagne, ce n’est qu’un point de vue. ( sans parler du fait que la montagne n’est pas seulement composée de la « croûte » que nos yeux perçoivent. Elle est plus dense que cela, plus vivante que cela, plus riche que cela, et elle a un passé avant nous, un futur après nous, et notre regard à un instant T ne suffit pas à résumer ce qu’elle est de puis des milliers d’années.)

 

 

Le regard que je porte sur l’autre.

 

Celui-là, il est le plus gros fake qui soit ! car à chaque fois qu’on regarde l’autre, c’est pour mieux ne pas se regarder !!! La manière dont on regarde les individus ou les situations parle de nous.

Je parle de ce regard qui juge, qui jauge, qui range, qui met en boîte. La bonne, la mauvaise boîte.

Celui qui nous importe est celui qui impacte notre entourage proche, en tout cas, dans ce petit texte.

Ce matin, nous avons aborder la place des actes des autres dans ce qu’il créé chez soi, le regard que nous portons sur une situation, un comportement, un mot et qui nous impacte, nous fait juger la situation. «  ce manque de respect m’insulte », « ce manque d’écoute m’agace », «  son incompréhension me fatigue » …

 

Dans tous les cas, on charge l’autre d’être responsable de ce qu’on ressent, de ce qu’on perçoit, de ce qu’on vit. Mais, pareil, cela sera totalement différent d’une personne à une autre.

«  Mon cheval a tout le temps peur de la même bâche, ça m’inquiète ou ça m’énerve ou ça me stresse, ou ça m’amuse » ! dans tous les cas, le cheval a peur de la bâche, et suivant la personne, ça n’aura pas le même impact. Alors, qui est vraiment responsable de ce qu’on ressent ? le cheval ? la bâche ? et oui, c’est nous-même.

 

Et c’est là que ça devient intéressant. Car cela nous donne plein d’informations, quand on le sait, et biensûr, c’est loin d’être évident. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que toutes les réactions ne sont empruntes que du regard que l’on porte sur la situation, elles n’appartiennent qu’à nous. Mais la première chose à faire selon moi, est de ne pas incriminer l’autre pour ce que l’on vit car il a déjà bien assez à gérer. Et dans un deuxième temps, ne pas s’incriminer soit, mais de lire les informations liés à ces sentiments, à ces états, à ces idées.

Alors, encore une fois, changeons de perspective. Mon cheval a peur de la bâche ok. Ça me stresse ou ça m’agace ok. D’après vous, ça va le rassurer de savoir que ça vous stresse ou que ça vous agace ? Echangeons les rôles. Demain, vous avez peur de quelque chose, je ne sais quoi, une situation, un événement, une balade un dimanche de chasse … Et votre entourage ou votre cheval vous renvoie de l’agacement, ou de la colère, ou bien de la honte … Cela vous aidera-t-il vraiment à passer outre cet état ?

Etes –vous responsable de la colère de cet individu ? N’avez-vous pas assez à gérer avec votre peur ?

Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres mais j’espère que l’analogie vous semble transposable à toutes les émotions, à tous les états.

 

Pour aller plus loin, je ne peux que conseiller de lire Marshall B. Rosenberg qui a écrit de nombreux livres sur ce sujet. Il fut d’un éclairage bienvenu en ce qui me concerne.

 

 

Tout cela pour dire : Attention. Attention au regard qui évalue, qui range, qui enferme, qui bloque. La conscience que tout est information, tout est juste, tout a une raison d’être ne doit pas cacher le fait que nous ne sommes pas ce que nous voyons, nous ne sommes pas ce que nous faisons, nous ne sommes pas uniquement une image. Et l’autre non plus.

 

 

 

« Nous sommes dangereux quand nous ne sommes pas conscients que nous sommes responsables de nos actes, de nos pensées et de nos sentiments » Marshall B. Rosenberg.

De la compréhension.

En tant qu’enseignante, je suis régulièrement amenée à rencontrer des cavaliers qui m’appellent pour une incompréhension entre eux et leur cheval. Il va trop vite, il ne m’écoute pas, il a peur de tout, il est lourd …etc…

            Quand le besoin s’en fait sentir, l’une de mes premières questions est de demander que le cavalier me partage trois qualités et trois défauts de son cheval.          Pas toujours simple, surtout pour leur trouver des défauts ! Et la question qui suit est toujours la même : ces trois qualités et ces trois défauts vous qualifient-ils vous aussi ? Et c’est oui, systématiquement.

            Ces questions des plus anodines permettent au cavalier de gagner en douceur avec lui-même et en empathie envers son cheval. Mais le chemin va encore être long vers la compréhension… de soi.

            Avant tout travail technique, il va d’abord falloir faire un lien entre lui et vous. Au-delà du lien affectif, du lien équestre ou autre, vous vous êtes choisis, mutuellement, pour une raison bien précise. Ce cheval est là pour vous apprendre quelque chose que vous n’êtes pas encore parvenu à éclairer. Quelle chance. La vie vous a apporté 500 kg de finesse ( mais aussi 500 kg de muscles ) pour avancer vers votre chemin vers vous-même ! Les drames, les rencontres, les maladies entre autre ont aussi ce rôle là, mais souvent plus douloureux à passer. Vous, vous avez choisi de vous accompagner d’un être sensible, patient, généreux mais aussi entier, fragile et qui vit dans l’immédiateté.

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            Nous passons beaucoup de temps à regarder ce qui se passe à l’extérieur : dans le monde, dans nos familles, dans le milieu professionnel, dans nos relations. Sans jamais regarder ce qui se passe à l’intérieur et qui pourtant conditionne tout ce qui se passe à l’extérieur. Ce ne sont guère les évènements qui nous affectent. C’est ce qui se passe en nous que nous devons gérer, c’est la situation «  que nous avons créé » et la perception que nous en avons qui nous trouble. 100 personnes confrontées à la même situation auront 100 réactions différentes. Tout se passe entre nous et nous.

            Et puis, arrive le cheval professeur. Professeur de confort, de bien-être, d’équilibre, celui qui ( tous en fait ) exprime clairement quand vous êtes sur la bonne voie car il se met à éprouver du confort avec vous, parfois par éclair, d’autres fois, au quotidien. Le cheval est le meilleur baromètre d’équilibre. Equilibre ostéo-articulaire, équilibre musculaire, équilibre émotionnel …C’est pour ça qu’ils sont tous si différents et qu’on a rencontré celui là et pas un autre.

 

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            A défaut d’oser vous regarder, vous écouter, regardez les, écoutez les, ils sont vous et vous êtes eux. Alors, osez. Osez sentir, osez voir, osez entendre, osez vivre, et en les comprenant vous vous comprendrez, en vous comprenant, vous trouverez les clés de votre équilibre, qui déteindra sur tout ce qui vous est extérieur et si cher, famille, travail, ami, compagnon animaux …

            Prenez soin de vous comme vous prenez soin d’eux, et bien plus encore. C’est peut être le seul cadeau que vous aurez toujours le droit ( l’obligation ) de vous faire à vous-même car il conditionne tout ce qui émane de vous, et gravite autour de vous.

De la clarté.

 

Dans l’approche du cheval, l’éducation du cheval et celle du cavalier, les notions de confort / inconfort reviennent régulièrement, sous différentes formes.

« Agir » c’est l’inconfort, « céder » c’est le confort si l’on veut schématiser, nous l’utilisons pour convaincre le cheval d’aller dans notre direction. Je l’utilise car, à mon grand damne, je ne suis pas télépathe. Mais cette notion me semble dangereuse si elle est donnée, jetée aux futurs équitants sans éclairage.

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Dans un troupeau de chevaux, on a tous assisté à des « discussions houleuses » entre deux chevaux , oreilles couchées en orientant ou pas la tête vers un congénère, et cela est sans équivoque pour les chevaux concernés. Mais ce qu’on voit n’est qu’une bribe de la communication entre ces deux chevaux. Ce comportement que l’on peut observer est inscrit dans une série d’autres qui ne se contredisent pas entre eux et auxquels on assiste rarement. Oui un cheval peut en groomer un autre mais être « prioritaire » à l’accès à une ressource, il n’y aura aucune équivoque pour autant.

            Que vous connaissiez votre cheval depuis peu ou depuis longtemps, êtes-vous tous les deux en mesure d’exprimer qui est qui par rapport à l’autre ? Certains humains endossent le rôle de « maman », d’autres de copains, d’autres encore de gardiens. Vous connaissez probablement le rôle que vous vous donnez, ou que vous voudriez avoir. Mais le cheval en question le connaît-il ? Est-il stable ? Est-il le même dans l’aire de travail, l’aire de pansage ou au pré ? Etes –vous conscients des possibles messages contradictoires que vous lui envoyez ?

Est-il cohérent d’être le copain au pansage, le chef d’orchestre au travail et la maman permissive au pré ?

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            Que vous dit votre cheval lorsqu’il est libéré de tout matériel ? Il y a ceux qui préféreront s’éloigner et trouver du confort loin de l’humain. Il y a ceux qui ont compris que l’humain est un super grattoir haut de gamme. Il y a ceux qui préférerait presque vivre dans la poche de leur humain ou ceux qui nous prennent pour un distributeur de nourriture. Mais combien d’entre eux ont envie, ressentent le confort d’être avec leur humain ? Combien se sentent assez en sécurité pour faire fi de leurs congénères lorsque l’humain est là ? Et est-ce sain ? Combien se reposent sur lui car ils savent qu’avec lui, il sera sous bon gardiennage ?

Est –on assez maître de la lecture du cheval et de la gestion de la communication ?

La lucidité est-elle permise lorsque l’affect est tant lié à leur présence dans notre vie ?

C’est pour cela qu’avant de parler confort/inconfort ou même communication, nous devrions commencer par nous mettre au clair avec ce que l’on veut être, ce que l’on peut prétendre être et ce que l’on est vraiment à leurs yeux.

Regardons –les. Ils nous le disent.

Soyons d’abord confortables par notre clarté, notre lucidité, notre conscience.

Je demande souvent aux enfants si ils parviendraient à écouter un professeur balbutiant, hésitant « absent », passif. Ils sont tous d’accord pour dire qu’ils ne pourraient pas l’écouter, le respecter en tant que professeur.

Et le poney en face d’eux exprime cet inconfort. Certains vont envahir l’espace de l’enfant  » rooo il m’aime bien « , d’autres vont mordre  » pousse-toi tu gêne le passage « , certains vont enfoncer leurs sabots dans le sol comme si un tempête se préparait. Et votre cheval, comment exprime-t-il son incompréhension ?

On peut aller dans un pays inconnu sans connaître sa langue. Mais il faudra une grosse dose d’écoute, d’échanges et d’observations pour parvenir à exprimer clairement une pensée, à lier des liens plus profonds. Les meilleurs profs, ce sont eux, l’autre, l’individu dans son environnement. Un cheval ne connaît pas le langage du mors ni du licol ( le réflexe d’opposition n’est tout de même pas si loin ), il l’apprend mais il connaît le langage du regard, du positionnement, de l’intention, de l’énergie …

            Qu’est ce que cherche un cheval pot de colle comme un cheval fuyant ? Un environnement confortable, un cadre clair et une écoute mutuelle. Aucun cheval n’est plus à l’écoute qu’un cheval fuyant. Il fuit pour une très bonne raison. A nous de trouver laquelle.

Nos désirs, nos exigences sont très éloignées des leurs. Je pense qu’ils sont à nos côtés parce qu’ils le veulent bien, mais il n’en reste pas moins que ce sont leurs besoins vitaux qui dictent leurs comportements.

 

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Devenir conscient de ce qu’on envoie, accepter d’attendre la réponse qu’ils ont à nous donner et avancer vers nos objectifs sur ce chemin d’écoute mutuelle n’est-il pas un « contrat » passionnant ?

N’est ce pas là la leçon qu’ils ont à nous enseigner ? N’est-ce pas ça l’attitude que nous devrions avoir avec tout être vivant que nous cotoyons ? Qui d’autre que vous assèneras un jugement à la forme quand le fond est précieux, vivant, grandissant ?

Des pistes.

Qu’est ce qu’une piste ?

A l’état sauvage, l’observation du comportement des chevaux fit ressortir que l’assouvissement des besoins qui rythment la journée d’une horde dessine des lignes précises et peu variables sur un territoire donné, menant d’un point d’intérêt à un autre  ( point d’intérêt =  eau, nourriture, repos, jeux …etc).

La nature ne permet pas aux herbivores sauvages de combler leurs besoins journaliers et tout au long de l’année sur une petite surface mais en effectuant des déplacements organisés et accessibles par des pistes, donc des chemins étroits que la horde emprunte de manière quasi systématique.

On a tous déjà observé des couloirs de terre d’environ 40 cm de large dans les paddocks et pâtures de nos chevaux.

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Sous nos latitudes, les points d’intérêt sont plus rapprochés voire parfois groupés. Et une grande partie des déplacements du cheval a perdu son but : aller d’un point A à un point B pour combler  un besoin. Dans une pâture, non seulement le cheval n’a qu’à baisser le bout du nez pour manger et n’effectuer que quelques mètres de l’eau  au foin ou à l’herbe. En soi, son besoin est comblé, oui. Mais cela serait vrai si l’on pouvait enlever au cheval son autre besoin essentiel : le mouvement. Hors, du mouvement dépend la bonne santé digestive du cheval ainsi que la santé de ses pieds ( ou quatre coeurs ! ). Qui peut se permettre d’installer des chevaux dans une configuration de pâtures ouvertes ? Les éleveurs et tout propriétaire ayant un cheval qui a des besoins énergétiques élevés. Cette configuration peut être adaptée aux poulinières, aux poulains ou encore aux chevaux d’âge. Mais tous les autres prennent le risque d’encourir une fourbure, ou une acidose, des ballonnements voire parfois des coliques, la dermite, des problèmes de pied, de système immunitaire … Pourquoi ces pathologies ? L’ennui et les excès de matières comme l’azote et les sucres créent de forts déséquilibres dramatiques ( et je ne parle pas du sol qui en souffre tout autant, va se défendre de cette fragilisation et intoxiquer encore plus nos chevaux).

Si le cheval sauvage parcourt 20 à 30 km par jour sans en souffrir, voire même en restant en état, il y a fort à parier que nos compagnons en  » lotissement » se rapprochent plus des sédentaires que des grands marcheurs qu’ils sont.

L’obésité fait rage sous nos latitudes et c’est un fléau pour lequel on n’a pas fini d’inventer des plan B tels les paniers greenguard ou encore les régulateurs d’insuline et l’isolement. Il y a quelque chose de très paradoxal dans le fait d’isoler un animal en surpoids de la nourriture en le cloîtrant dans un espace confiné. L’essentiel n’est pas de gérer seulement ce qui entre mais surtout comment c’est utilisé, et évacuer par le corps. J’ai rencontré cette difficulté, en ai eu peur, ai écouté tous les conseils : diète strict, marche active 45 minutes par jour, foin trempé, complément spécifique,  curcuma, travail etc. La seule chose qui fonctionne : foin à volonté et marche, permise par la vie avec cinq autres chevaux très actifs.

Il n’a jamais eu autant accès à l’alimentation et n’a jamais été aussi bien dans ses sabots.

Parce que dans les exemples que j’ai cité,  oui il a réussi à perdre du poids. La diète sur un petit paddock en terre l’a sérieusement fait maigrir, mais le moral, l’envie, les besoins digestifs étaient complètement mis de côté pour un gain sur sa santé qui ne s’est quasiment pas fait voir. Par contre, la frustration, le solitude, l’ennui, le ventre vide etc, eux il les a bien expérimenté sans effet probant.

Il va de soi que, à ces moments là, j’ai fait avec ce que j’avais sous la main. Pas de possibilité de foin, de pistes, d’être sur place ou rien que chez moi avec lui. Donc j’ai testé quasiment tous les palliatifs en fait. Le seul qui ai été probant, fut celui d’aménager une piste, isoler chacun des points d’intérêt les uns des autres, le faire vivre avec des compagnons qui ont la bougeotte et laisser faire. Effet probant : rapidement il se régule dans sa consommation de fourrages, il dort plus souvent que les autres, fouine et goûte aussi plus de choses que les autres ( roncier, saule, chardon coupé … ) et initie ses colocataires.

Sur cette piste de 1300 mètres, ils ne se nourrissent plus pour tuer le temps en se jetant sur la dose quotidienne qui leur est allouée, mais pour assouvir un besoin individuel d’alimentation. La journée n’est plus rythmée par la nourriture, la nourriture participe à l’équilibre de ce rythme qui est composé des déplacements, des moments de repos, des moments d’abreuvement, des moments de jeux et de grattage, des moments de curiosité et de surprise … Ils ne mangent plus jusqu’à la fin du filet, ils arrêtent d’eux mêmes pour passer à une autre activité. Ils choisissent leur moment d’alimentation, leur moment de mouvement, leur moment de repos … Et c’est seulement à partir de ce rythme que nous devrions entrer en scène pour aller un peu plus loin ( travailler, se balader, échanger avec eux … ).

Stage Travail en longe

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Cette journée se centrera sur le travail en longe qui représente la base du

«  travail »  gymnastique du cheval. 

La longe est un élément sous estimé qui mérite qu’on y consacre une journée.

Les jeunes chevaux comme les chevaux de sport, les chevaux en convalescence comme les chevaux d’extérieur gagnent à travailler en longe que ce soit pour apprendre un nouveau geste, stimuler le dos et  les abdominaux sans le poids du cavalier ou pour préparer le travail monté. 

Nous aborderons les aides qui ne se résument pas à la longe et à la chambrière,

nous travaillerons la cadence, l’observation de la mobilisation du cheval,

et les diverses manières de travailler son cheval en longe

en en faisant un moment confortable, bénéfique et gymnastique.

Conditions

Avoir un cheval qui connaît la longe et la chambrière.

Tarifs

Stage Assouplissements

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La journée s’ouvrira par un échange autour des assouplissements et de leurs intérêts.

A cheval, nous développerons ensemble l’emploi de vos aides dont dépend l’assouplissement du cheval lors de la première séance.  Puis nous gymnastiquerons, dans un deuxième temps,  votre cheval sur des exercices qui lui sont bénéfiques et personnalisés.

Ce travail est autant adapté aux jeunes chevaux, aux chevaux de sport comme aux chevaux vieillissants.

La seule condition inévitable : que vous recherchiez le bien-être de votre cheval, comme le vôtre.

Conditions.

Avoir effectué les stages Décontraction et Equilibre.

Trois cavaliers minimum six cavaliers maximum.

Tarifs

Qu’est ce que l’équilibre ?

Ce mot qui est utilisé de multiples manières a un sens précis pour moi. L’équilibre, c’est ce sentiment instable, personnel et tellement confortable qui offre la possibilité de s’exprimer entièrement.

L’équilibre du cheval est parfait tel qu’il est, mais le rêve du centaure nous pousse à combiner notre équilibre à celui du cheval, et dans le mouvement. Rien de plus instable qu’un couple  dont les deux équilibres diffèrent intrasèquement.

Mais ce n’est pas un Graal, c’est un travail. Avant tout un travail sur soi. Que l’on souhaite  » danser » avec son cheval ou bien juste  » lui faire du bien », le respect de son équilibre comme la connaissance et le développement du nôtre sont inévitables à une pratique durable de l’équitation, et cela n’est pas valable seulement à cheval. Cela concerne tous les aspects de notre vie.

Je vous offre des outils pour comprendre votre cheval dans sa locomotion comme dans ses comportements, je vous permets d’agir à propos et dans l’intérêt du cheval comme du vôtre, je vous accompagne vers l’harmonie de votre collaboration dans la décontraction, l’assouplissement et l’équilibre.

Vous êtes unique, votre cheval est unique et votre couple est unique. C’est toute la beauté de mon travail.

Ma rencontre avec Ulrike Paulus a mis en exergue les difficultés locomotrices rencontrés par nombre de nos chevaux. Mon travail avec Pierre Guilbaud m’a offert d’affiner et élargir ma palette de  » mots au cheval » afin de l’amener à plus d’aisance sous la selle. Et mes meilleurs professeurs équins,  Arriado, Scarento, Bellina, Perdrix, Ondine et les autres m’ont fait découvrir tout le potentiel de l’humain à pouvoir danser avec eux, mais également l’ampleur de la tâche.